Le train où vont les choses...

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    Marcelin

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    Le train où vont les choses...

    Message  Marcelin le Sam 20 Fév - 22:10

    J'ouvre une topique pour discuter de certaines choses qui peuvent parfois arriver dans le monde. Prière d'éviter de transformer ce lieu en gros capharnaüm pour la moindre information polémique ou choquante – restons dans l'actualité des faits culturels ou vraiment capitaux, en restant toujours poli et respectueux des opinions contraires. Une façon de rester en contact avec le monde, rien de plus.




    Hier soir, vendredi 19 février 2016, un des plus grands écrivains de la fin du XXe et du début du XXIe siècle est mort : Umberto Eco. On lui devait le fabuleux Nom de la Rose (extraordinairement adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud, qui était tombé amoureux du livre et avait réussi à produire une œuvre originale à son tour) ainsi que Le Pendule de Foucault, deux œuvres majeures qui recevaient des influences positives de sa grande érudition en Histoire de l'art et en sémiotique. Un penseur au service des lettres, qui aimait aussi et surtout faire réfléchir son lecteur – un exemple également que l'on peut écrire et être lu à notre époque sans prendre les gens pour des idiots.

    Je suis d'autant plus ébahi par cette malheureuse nouvelle que hier soir, au moment même de sa mort, je finissais de mettre la dernière touche sur mon article où j'insérais justement un lien redirigeant vers la page Wikipédia de Jean-Jacques Annaud, avec toujours le secret espoir que des gens regardent cette fabuleuse adaptation qu'est Le Nom de la Rose. J'avais une pensée pour Eco au moment où il est mort... et ceci sans le savoir.

    J'aimerais juste rendre hommage à un des grands écrivains du tournant de siècle, surtout à un moment où l'Europe, l'Italie et les lettres vont si mal. Je ne pense pas qu'on fera une minute de silence, mais signifier le respect que j'éprouvai pour lui, et que je pense beaucoup ont éprouvé en son encontre, n'était pas, j'ai la faiblesse de le croire, chose vaine.
    On peut écouter sa dernière intervention sur France-Culture ici, où il a cette belle affirmation que les Lettres et la littérature demeureront vraies, tandis qu'auront été oubliées d'ici des siècles les tribulations irakiennes de nos aventureux gouvernements qui font la hantise de nos journaux. Ca valait le coup qu'on en parle.

    A la postérité... et la mémoire collective.

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    Weldar

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Weldar le Sam 20 Fév - 23:31

    J'ai aussi entendu la nouvelle de la mort de l'écrivain (dur d'y passer à côté si on suit l'information).
    N'ayant jamais lu ses œuvres, bien que j'ai évidemment vu la célèbre adaptation du Nom de la rose par JJ Annaud avec Sean Connery (et le jeune Christian Slater), un film marquant.

    Les quelques reportages que j'ai pu apercevoir m'ont permis d'en savoir plus sur l'écrivain et sur sa vision du monde. Très intéressante!
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    Marcelin

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Marcelin le Dim 21 Fév - 9:29

    ELECTIONS PRESIDENTIELLES AMERICAINES

    Samedi 20 février, les Américains de l'Etat du Nevada votaient pour la primaire démocrate, tandis que celle des Républicains avait lieu dans la Caroline du Sud. Important : les deux élections étaient des caucus, c'est-à-dire qu'il s'agissait d'élections fermées en assemblées locales menées par les adhérents des partis (au contraire d'une primaire, qui se définissent par des élections anonymes et ouvertes).
    Je ne vais pas trop insister sur les primaires républicaines, qui ne présentent pas de surprise majeure : Trump a gagné avec une très grande longueur d'avance sur ses adversaires avec 32% des voix, car le nombre de candidats Républicains est beaucoup trop élevé (il y avait six candidats juste dans cet Etat !) et qu'il n'y a pour le moment aucun candidat Républicain "stable" pour faire opposition à Trump. Jeb Bush semble, contre toute attente, être définitivement hors jeu, il n'aurait pas même dépassé le 1% des votes et va se retirer. Pour le moment, les Républicains sont toujours divisés mais commencent à réaliser que si ils ne se mettent pas d'accord sur "un" candidat (ce qui risque de mettre encore du temps), Trump est vraiment bien parti pour gagner les primaires à droite.



    Maintenant, passons à un cas autrement plus intéressant : le roman Sanders VS Hillary.
    On se souvient qu'après l'épisode du New Hampshire, Hillary avait été frappée en plein coeur, elle qu'on avait présenté depuis deux ans comme la seule candidate démocrate valable, par l'arrivée "surprise" de Bernie Sanders, cet autre "outsider", le "démocrate-socialiste" autodéclaré du Vermont qui s'est fait financer sa campagne sur le financement participatif et les syndicats, et qui mène essentiellement une campagne de terrain à l'aide des militants. Tout le monde disait cependant que cela n'avait rien de grave, car Hillary avait un "firewall" : le vote minoritaire, des blacks et des hispaniques notamment, majoritairement pour elle.
    Pas de bol pour Hillary cependant : les élections du Nevada, si elles n'ont pas été aussi serrées que dans l'Iowa, ont clairement montré que la tendance ascendante de Sanders n'est pas une blague. Le candidat qui était montré dans les sondages, ses opposants s'en ventait, 25% en-dessous de Mme Clinton il y a encore deux mois, est arrivé à lui tenir tête avec le score de 47.2% contre 53.8% pour Clinton. On n'a pas encore de sondages communautaires, mais il est très probable que beaucoup plus de blacks et d'hispaniques ont voté pour Sanders que ce qu'on semblait croire (le Nevada étant composé à 30% environ d'hispaniques et de Blacks, et tout le monde était persuadé que les minorités ne voteraient jamais pour le "old white guy").
    Cela n'a rien d'une victoire pour Mme Clinton, et tout le monde en a bien conscience, car ça veut dire que même si Sanders n'a pas encore brisé le "Firewall", il peut très bien atteindre le vote communautaire.
    ... et ça signifierait la fin de partie pour Hillary, qui a un gros "honesty problem" de l'aveu même de ses partisans. (Personne, mais alors personne ne lui fait confiance, et les gens votent souvent Sanders car ils n'ont pas confiance en elle. On peut comprendre pourquoi.)

    Je posterai des nouvelles plus détaillées quand on aura les résultats finaux (le relevé des voix est à 95%) et plus d'informations.
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    Haganeren

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Haganeren le Dim 21 Fév - 13:08

    Pour être honnête, je ne connaissais absolument pas cet écrivain, à la manière d'un Weldar j'ai juste vu le film du nom de la rose dont j'ai particulièrement aimé l'atmosphère et la petite révélation finale était fortement sympas... Bref, je remarque surtout que y'a de plus en plus de mort qui affecte les gens de mon entourage. Ecrivains, chanteurs, acteurs, je suppose que ça va continuer comme ça jusqu'au restant de mes jours.

    Quand aux élections, j'ai été le premier surpris à entendre parler de quelqu'un d'autres que Trump avec Bernie vs Hilary. Je vais pas mentir, suivant relativement peu les actualités, je l'ai appris via ce meme sur Internet présentant des faux tracts politiques tous en faveur de Sanders qui représentait "l'avis censé voir renseigné sur la quesiton" et Hilary "un avis concensuel sans intérêt et peu renseigné voir insultant". Au delà du débat de si c'est drôle ou pas, je pense que ça montre que y'a un certain "concensus" qui a été atteint au sein d'Internet par une grande partie de la communauté ce qui est assez étonnant en soi oui.

    Je savais pas du tout que Sanders avait financé sa campgne par le financement participatif, je me demande si cette pratique ne pourrait pas se faire en France pour faire venir de nouvelle tête sur la scène politique... Hum...
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    civet

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  civet le Dim 21 Fév - 15:21

    Ça parait assez fou mais il semblerait que les candidats pas très subtiles (Truump, Le Pen,...) remportent facilement les avis favorables du plus grand nombre. C'est sûr que c'est plus facile de brosser dans le sens du poil, ceux plus bas que le front, que de s'efforcer à travailler pour un avenir positif (bien que là chacun a son avis du positif). Du moment qu'ils élisent un canditat qui se retiendra de "propager la démocratie" hors de leurs frontières ça m'ira.

    Hagaren a écrit:Je savais pas du tout que Sanders avait financé sa campgne par le financement participatif, je me demande si cette pratique ne pourrait pas se faire en France pour faire venir de nouvelle tête sur la scène politique... Hum...

    L'idée est bonne mais honnêtement ce n'est pas viable dans un vieux pays comme la France où une classe d'un certain standard à la mainmise sur la politique depuis 1789 qui ne laissera pas le premier venue avec de bonnes idées les chasser de leurs fauteuils. Puis de toutes manières les gens ne font pas confiance aux nouveaux venues, il n'y a qu'à voir les résultats des parties alternatifs aux différentes élections qui dépassent rarement les 5%.

    Autre nouvelle du week-end avec l'annonce du référendum brittanique avec pour sujet la question "Voulez-vous demeurer dans l'Union Européenne ?" calée au 23 Juin 2016.
    Ça va donc venir très vite et il est difficile d'estimer quel va en être l'issue, l'opinion semble des plus partagée à l'heure actuelle. Quelle qu'en soit la réponse je ne crois pas que ça va faire du bien à l'Europe, soit ils y restent avec une chemise un peu plus taillée sur mesure, reçevront un peu plus d'avantages en réduisant les incovénients, principalement économiques de ce que j'ai compris ou bien soit ils partent. Dans les deux cas ils vont certainement inspirer d'autres Etats en mal de vivre (soit à peu près tous hormis l'Allemagne) à suivre ce chemin défriché. D'un autre côté ça pourrait faire du bien à l'Europe de se libérer d'un membre influent qui perturbe toute initiative autant que faire se peut. On verra bien donc.
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    Marcelin

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Marcelin le Dim 21 Fév - 16:13

    Bon, suite à quelques remarques d'amis, j'ai constaté que tout le monde n'était pas forcément vraiment au courant de ce qui se passe avec les primaires américaines, et notamment Sanders, mais que les gens étaient quand même intéressés, donc je vais expliquer rapidement "what the fuck is going on", comme ils disent dans leur charmante langue. J'avais rédigé un billet sur la question, mais je vais tenter de reprendre ça de façon plus didactique.

    Bon on commence par ce que chaque français sait par le peu que Libération ou TF1 veut bien lui expliquer : les élections Américaines, il y a encore un an de cela, s'annonçaient profondément ennuyeuses. Pour candidats attestés, l'on avait guère guère que Hillary Clinton contre Jeb Bush. L'horreur absolue : une guerre de dynastie. Le système de domination américain était promis à vivre longtemps...
    Cependant, à la fin de l'année 2015 et à la veille du début des primaires en janvier, deux grandes transformations totalement imprévisibles ont renversé la tendance.

    La première est assez connue : c'est l'arrivé du multimilliardaire Donald Trump, le trublion libre de la droite radicale américaine (une sorte de Super Tapie de droite, en clair).

    Trump, pour bien cerner (car nos médias sont plus dans l'émotion que dans la réflexion), c'est vraiment le stress du petit peuple de droite comme le FN chez nous, sauf qu'aux Etats-Unis, cela correspond plutôt à la mentalité Tea Party, avec une méfiance envers l'Etat central et les politiques internationales aventureuses, et donc parallèlement un côté plutôt pro-libéral et pro-business. Trump est à la base un indépendant, mais il s'est inscrit au parti Républicain uniquement pour se présenter aux primaires, et a globalement fait campagne en disant grosso modo : "moi, je suis incorruptible : je suis multimilliardaire et je finance moi-même ma campagne. Et Hillary, elle peut venir : c'est moi qui ai financé ses précédentes campagnes en 2008 !" – ce qui a eu un gros retentissement, car rapidement, les élections de 2016 étaient très critiquées pour l'aspect générique et "pro-establishment" dans laquelle elles s'annonçaient. Du coup, il a mis tous les républicains en "otage" puisque, comme le veut la règle des primaires, celui qui les gagne doit avoir tout le parti derrière lui.

    Donc ça c'est à droite. Vous en avez entendu parlé abondamment, car les médias français adorent Trump, il est grossier, raciste, ressemble physiquement à Le Pen si on en croit Libération, bref tout ce qui fascine nos médias qui n'ont que le mot "Front National" à la bouche (à se demander si ils sont pas fascinés par répulsion... sorte d'amour-répulsion).

    Mais le truc le plus intéressant, c'est quand même Bernie Sanders, et ce pour plusieurs raisons sous-terraines que les médias français semblent avoir totalement ignoré, vu qu'ils pensent plus sous le coup de l'émotion qu'avec leur tête.



    Donc Bernie on résume rapidement :
    > Il est arrivé au milieu 2015 un peu de nulle part. C'est un socialiste démocrate autoproclamé, ce qui évidemment faisait d'abord rire au sein d'un pays où le seul mot de "socialisme" fait souvent peur.
    > Il a dit qu'il faisait sa campagne sans aucun financement d'aucune sorte (les fameux Super-PAC des lobbies et des ONG) en dehors des syndicats et du financement participatif. Sa campagne fonctionne sur le démarchage militant, avec un militantisme local très actif (il sait qu'il n'a pas accès à la télévision et aux mass-media aussi fortement qu'Hillary, mais ses militants font inlassablement du porte-à-porte et vont dans les lieux publics ou les lieux de travail)
    > Il est très apprécié pour sa qualité d'honnêteté : il a un casier politique vierge de scandale, n'a jamais voté contre ses idées pendant qu'il était congressman puis sénateur, et n'a jamais caché ni nié ses idées socialistes (dans un pays où professer ces idées a valeur disqualifiante). Il a été élu maire du Burlington à quatre voix de majorité au début de sa carrière politique, et a suivi une ascension très progressive. On se rafraîchira la mémoire avec cette vidéo de 2012, qui avait fait du buzz sur internet, en son temps... (et moi qui croyais à l'époque que c'était un populiste du Tea Party qui parlait !)
    > Il a un programme franchement très radical qui consiste à restaurer le contrôle bancaire, faire payer Wall Street, et utiliser les richesses récupérées pour rendre l'éducation (du primaire au supérieur) gratuite et annuler la dette étudiante (la prochaine grosse bulle sur le point d'éclater aux Etats-Unis, les étudiants américains émigrant en Europe ou dans le monde anglo-saxon pour ne pas avoir à la payer...). Evidemment, comme Trump, son programme en politique internationale et sécurité est de mettre fin à l'interventionnisme et d'arrêter la politique de surveillance de masse aux Etats-Unis (Patriot Act).

    Comme Trump, il s'est inscrit au parti démocrate uniquement pour être présidentiable, et n'a donc aucun passé ni aucune attache avec ce parti (il était indépendant, et le seul élu socialiste de... toute l'Histoire des Etats-Unis).
    Bon, avec un programme pareil, on se dit qu'il n'a aucune chance de marcher. D'autant qu'il est très rationnel, dit vouloir parler aux gens avec un langage raisonnable, bref, vraiment un original dans la politique américaine, face à la très photogénique Hillary qui est soutenue et financée par les plus grands trusts industriels et bancaires américaines (dont la proverbiale banque Goldman Sachs).
    Quelques éléments cependant ont commencé à réellement faire bouger les choses.
    Tout d'abord, la "base" a pas mal bougé : Sanders a déplacé les foules dans toutes ses réunions autours des Etats-Unis pendant l'année 2015, une évolution sous-terraine qu'aucun média français n'a constatée d'ailleurs (ça parle pas de l'extrême-droite et de la xénophobie, ça doit pas être assez palpitant).
    Cela s'est joué surtout sur ses déclarations assez dures sur le système de Wall Street, et son accusation face à Hillary d'être la candidate de l'establishment, et que "jamais aucune élection d'aucun candidat ne changera rien" tant que le système financier de Wall Street ne sera pas réformé.



    Maintenant je ne vais pas non plus faire un dossier sur pourquoi Bernie Sanders est quelqu'un qui, vu d'un point de vue neutre, peut l'emporter (car il n'y a pas que l'extrême droite dans la vie), mais il faut clairement constater que Bernie Sanders est en mouvement ascendant depuis le début des primaires.
    Totalement inconnu il y a encore six mois, il a mis Hillary Clinton sur le qui-vive pendant le dépouillement de la toute première primaire démocrate dans l'Etat de l'Iowa en fin janvier, qui s'est jouée à cinq voix prêtes (donc 48,8% pour Clinton face à... 48,6%.). Ca a été une surprise totale. Mais la plus grosse surprise a été la victoire écrasante de Sanders de 60% sur 40% face à Hillary Clinton le 9 février dans l'Etat du New Hampshire, qui a clairement montré que Sanders était présidentiable.
    Après, les arguments face à lui sont essentiellement que Hillary Clinton reste la favorite des "minorités" et des lobbies "pro-" (pro-féministes, pro-blacks, pro-hispaniques...), ce qui, dans le parti démocrate, joue un rôle énorme. Un grand argument a été de dire que Sanders était le candidat des petits blancs frustrés, et qu'il allait se ramasser face aux Etats du sud plus multi-ethniques. Le Nevada devait être une déroute pour Sanders, mais le résultat ci-dessus montre qu'il tient encore bien la route, sachant qu'il a l'essentiel de son potentiel dans les électeurs non-démocrates (donc en situation de primaires ouvertes, ce qui dépend de chaque Etat). La grosse question est de savoir si, oui ou non, Sanders brisera le "Firewall" de Clinton, sachant que les jeunes votent, indistinctement de leur ethnie ou du sexe, très très majoritairement pour Sanders (on parle de 90% pour les moins de 25 ans... et je jure de ne pas exagérer).

    Après, la question est de savoir si Sanders restera "juste sous la barre", ou si il réussira la percée décisive qui lui fera "vaincre" Clinton. Pour le moment, rien n'est sûr, mais il faut juste savoir que la campagne de Sanders est une campagne au long cours, et que ses vrais fruits se verront surtout en Mars et en Avril. La courbe des sondages le montre clairement...



    Le temps joue pour Sanders. La question est de savoir si il réussira ou non son incroyable pari. Pour un ensemble de raisons, des experts et des simulations ont affirmé depuis quelques mois que Sanders avait toute ses chances, ce qui est un gros plus psychologique, d'autant plus que Bernie Sanders joue sur une campagne basée sur l'optimisme ("A future to believe in") et sur l'absence d'egocentrisme ("not me, US", et un usage très modéré du "je", face à Hillary qui parle d'elle et de son expérience tout le temps).

    Enfin, pour ceux que ça intéresse, il y a toujours des débats télévisés, comme celui qui avait eu lieu au New Hampshire, entre Clinton et Sanders (il faudrait en chercher un plus récent, mais si j'en trouve un en rapport avec la Caroline du Sud la semaine prochaine, je la posterai).

    Je pourrais développer plus tard si ça intéresse, juste pour dire que les élections américaines de 2016 s'annoncent très intéressantes et que, contrairement à toute attente, il se pourrait bien qu'on ait une vraie transformation politique, vu que des deux côtés, à gauche comme à droite, ça bouge beaucoup. Et les Etats-Unis ayant une influence énorme sur le reste du monde, ça ne peut que nous concerner indirectement... (et puis soit dit en passant, un candidat qui se dit socialiste aux Etats-Unis et qui parvient à tenir tête, juste ça, ça tient du roman politique)
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    Marcelin

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Marcelin le Mer 23 Mar - 12:30

    Le roman américain continue, côté démocrate où rien n'est encore joué, n'en déplaise une certaine propagande ambiante qui n'a pas peu participé à ce que nous nous retrouvions dans une situation aussi invraisemblable. J'avais cessé de poster ici des informations sur les élections Américaines, ignorant si les gens s'y intéressaient ici, d'autant que je publie parallèlement mes derniers articles sur mon blog, où je suis les élections de très prêt. Je suppose cependant que certaines personnes pourraient potentiellement être intéressé par mon dernier article sur les résultats d'hier et les enseignements à en potentiellement tirer.

    __________________________________________

    Le fait que la défaite ait été écrasante peut certes être cause de démotivation. Certes, j'ai particulièrement perdu espoir dans la victoire de Sanders après le 15 mars, notamment car un ensemble de facteurs dépassaient toutes les prévisions possibles et imaginables, et que cela me paraissait, après un tel retournement, totalement inimaginable de pouvoir concevoir le retour de Sanders dans la course.
    Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte pour le 15 mars :
    — La défaite du Missouri était d'une imprévisibilité totale. Il était totalement exclu, statistiquement comme sociologiquement, que Sanders perdît le Missouri ; il pouvait certes, dans le scénario le plus pessimiste, perde les 4 autres Etats et garder le Missouri, mais perdre ce dernier Etat était exclu de tout type de scénario, tant sa victoire devait lui être assurée. Est-ce un péché de campagne, pour le candidat dont les victoires sont les moins assurées du fait qu'il est peu connu de l'Américain moyen, et qui doit ce faisant nécessairement faire campagne pour gagner ? Nul ne peut le dire, mais c'est arrivé : Sanders perdit le Missouri, oh certes ce n'est qu'une égalité en terme de délégués, mais c'est une défaite profondément symbolique qui donna l'impression que tout était fini.
    – Sanders a fait d'honorables scores, imprévisibles là aussi, en Caroline du Nord, de l'ordre de 54 - 40% - ce qui, considérant ses échecs cuisant dans tout le reste du sud, est très significatif. Cela signifiait qu'il commençait, mais commençait seulement, à percer dans un électorat qui n'était pas le sien, sans que ce soit assez pour gagner la majorité cependant.
    - Il n'a gagné ni l'Ohio ni l'Illinois. Mais c'était une victoire qui s'était joué à très peu : la victoire de l'Ohio, si elle est plus nette, est de l'ordre de 56 / 42%, donc on est loin d'un écrasement. Le gain en délégué est 81 - 62, donc un trou de 19 délégués. En fait, paradoxalement, Sanders a même mieux marché dans la Caroline du Nord, ce qui est surprenant. Enfin et surtout, l'Illinois, qui s'annonçait comme une défaite possible du fait de l'attachement de Clinton là-bas, a fourni un très bon résultat de quasi-égalité : 50-48%, avec une égalité en délégués de 78 délégués chacun.
    Il faut pour bien comprendre ce mécanisme se souvenir que la distribution des délégués est proportionnelle selon des quotas propre à chaque Etat, et souvent redistribué par rapport à chaque canton. Ainsi, même si Hillary dépasse de très peu Sanders dans le Missouri et l'Illinois, le gain en délégué est le même ; de même que Sanders, pour la même marge au Michigan, s'en sortait avec 10 délégués de plus.
    Ainsi, à très bien regarder la carte, on remarque que le seul élément qui a posé le 15 mars comme une défaite écrasante, outre le symbole très choquant d'une carte "conquise" par Hillary (mais ça n'est que symbolique), c'est la victoire écrasante en Floride, de l'ordre de 64-33%, qui si vous en souvenez était prévisible, mais impliquait le plus haut nombre de délégués de toute la course. Ainsi, Hillary ne s'en sort en fait pas aussi bien que le donnaient certaines prévisions donnant Sanders nominé des primaires, et la marge de +100 délégués n'est due qu'à l'ultime Etat du sud, certes très important, dont on savait qu'il voterait massivement pour elle.

    On arrive avec ces résultats-là :


    Vous allez vous dire : c'est mal parti. C'est vrai que c'est mal parti. D'autant que le 22 mars, on aurait pu espérer que Sanders ferait une victoire surprise dans l'Arizona, ce en quoi moi-même je n'espérais plus puisque nous avons eu suffisamment d'espoirs déçus après ce 15 mars pour nous illusionner outre mesure.
    Les résultats du 22 mars sont pourtant loin d'être négatifs, malgré la victoire psychologique de Clinton dans l'Arizona :

    Que nous dit cette carte ?
    Déjà, que Sanders décroche sa première victoire en délégués sur Clinton, ce que je vous avais dit qu'il arriverait. A partir de maintenant, Sanders ne fera que décrocher victoires sur victoires, car nous rentrons dans des zones sociologiquement bénéfiques pour lui. Tout se joue à la marge de ces victoires, et combien il parvient à crée de la marge sur Clinton, autrement dit comment et à quelle vitesse ce dernier peut-il reboucher son retard de 300 délégués du à l'ordre des scrutins cette année.
    Il est en effet très décevant que Sanders ait perdu l'Arizona ; cela rend la course plus compliquée, voire perdue, car on se demande comment il peut gagner si même dans l'ouest, ce dernier ne perce pas réellement dans l'électorat hispanique.
    Mais il est très optimiste de voir que Sanders a fait des scores littéralement délirants dans l'Idaho et l'Utah, que nul n'avait prévu : ainsi, si il réussit moins bien dans la base hispanique de l'Arizona, il réussit beaucoup plus dans les deux Etats mormons que prévu, rééquilibrant la perte de l'Arizona.
    Avec 51 délégués côté Clinton et 57 délégués côté Sanders, ce dernier récupère 6 délégués sur Clinton. C'est peu. C'est très peu. C'est en fait beaucoup.
    Déjà car nous avons maintenant la preuve que le "phénomène Sanders" marche très radicalement ou ne marche pas du tout, ce qui peut nous rendre optimiste pour la côte ouest, Washington, Oregon et (surtout) Californie, où tout va se jouer sur les marges qu'il y fera (si Sanders n'émarge pas de beaucoup dans l'Etat de Washington ce samedi, la situation deviendra pratiquement irrécupérable).

    Maintenant, j'aimerais vous ramener au scénario de MattTX, un très bon chroniqueur du site DailyKos qui présente des statistiques très intéressantes sur une "potentielle" victoire de Sanders à l'aide de calculs et de représentations très rigoureuses ; certes, les modèles sont arbitraires, et n'ont aucune valeur restrictive, mais c'est un bon "thermomètre" pour savoir si Sanders va, ou non, vers une scénario de victoire ou vers une situation irrécupérable. Je vous invite à le lire si vous pouvez lire l'anglais

    Je vais de toute façon ici en résumer les graphiques les plus notables :


    C'est une représentation plutôt optimiste, partant du principe que Sanders fonctionne sur un mouvement ascendant selon qu'il a le temps, ou non, de bien se faire connaître. Il fait donc des scores proportionnels au temps. [NDA : ajouter évidemment les facteurs ethniques, Etat par Etat, et ce que "l'on pense" devra être le score global selon certaines constantes démographiques et sociales. J'ai parlé de ça abondamment sur mon blog, notamment dans mon article sur la sociologie électorale américaine.]
    En terme de délégués totaux par jour d'élection on obtient :

    On constate deux faits très importants :
    Sanders ne gagne pas le 22 mars avec la même marge que l'on lui espérait en terme de délégués, mais il ne perd pas non plus le 15 mars avec un retard en délégué aussi grave que supposé par ce modèle, modèle dans lequel Sanders gagne. Au total, Sanders a même moins de délégués de retard que le prédit le modèle à cette date. (Marge actuelle de 313 délégués ; le graphique en prévoyait 328).

    Soyons franc. Nous sommes dans du calcul de chiffonnier, et considérant l'arbitraire des chiffres et l'imprévisibilité de cette campagne, il ne s'agit que de grossiers ordres de grandeurs sur un scénario possible parmi de multiples. Même si nous savons tous que oui, cette élection va se jouer à quelques dizaines de délégués prêts, il ne s'agit pas de rentrer dans des calculs désespérés, pas à ce stade. Cependant, la très large marge de 70% dans l'Utah et l'Idaho me rendent optimiste sur le fait que Sanders peut faire de très grandes marges dans les pays libéraux de l'ouest et de l'est. Comme nous le savons, la campagne va maintenant rentrer dans une période où Sanders va récupérer Etat sur Etat, petit à petit, remplissant sa marge. Nous n'allons pas chroniquer sans fin, Etat par Etat, pour savoir si il réussit un peu plus, un peu moins, ici ou là, quatre ou cinq délégués de plus ou de moins là... non, je ne vais pas faire ça.
    Je vais me contenter de vous dire que Sanders peut encore gagner, mais qu'à ce stade, cela dépend de variables si infinitésimales et imprévisibles, qu'il devient vain que je chronique ces événements au-delà de certains événements remarquables qui pourraient arriver.
    Sanders peut-il gagner ? Oui il le peut.
    Sanders va-t-il gagner ? Je n'en sais rien.
    Cela va-t-il être difficile ? Oui, très, très difficile.
    Ce serait une élection à l'issue sans précédent : particulièrement imprévisible, avec une victoire à la dérobée prise de très peu, si Sanders venait à gagner. Or, rien n'est moins certain.
    Une chose est sûre, c'est que l'information va devenir très lente jusqu'au mois de mai, car tandis que les primaires vont se ralentir et que les Etats vont voter les uns après les autres, on ne pourra pas voir de tendances claire, considérant l'importance de la marge, avant fin-mai / début-juin.

    Nous verrons bien ce qui arrive côté démocrate. Espérons qu'une belle victoire nous attende à Washington samedi prochain - si cela devait arriver, je ferai sans doute un compte-rendu.

    ________________________________________________________________________________

    Pour ceux qui veulent en savoir plus / lire ce que j'ai bien pu dire sur les élections précédentes (en juste comme en conneries, d'ailleurs...), c'est par ici.

    TL;DR : On est dans la merde si on veut voir Sanders président, mais on est pas foutu à 100%. Mais on est dans la merde quand même.
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    Haganeren

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Haganeren le Mer 23 Mar - 19:31

    Je n'ai pas grand chose à répondre à tout ça. Je suis d'un oeil amusé cette élection. Je sais pas trop trop qui est le pire et qui est le mieux car j'ai rarement pu me faire des idées très précises en politique mais je suis malgré tout cette élection plutôt bien. Vivement la suite des résultats !
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    Dreamboum

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Dreamboum le Mar 29 Mar - 6:17

    Tu as une idée des chances de Sanders pour les deux prochains états avant NY ? S'il arrive à gagner les deux, penses-tu que cela pourrait avoir un effet bénéfique pour New York au final sachant que cela ferait une bonne série de victoires pour Sanders avant de se lancer dans NY ?
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    Marcelin

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Marcelin le Mar 29 Mar - 22:20

    Dreamboum a écrit:Tu as une idée des chances de Sanders pour les deux prochains états avant NY ? S'il arrive à gagner les deux, penses-tu que cela pourrait avoir un effet bénéfique pour New York au final sachant que cela ferait une bonne série de victoires pour Sanders avant de se lancer dans NY ?

    Bonjour Dreamboum, ravi de savoir que ce sujet t'intéresse ! Je te réponds volontiers.
    Je pense que les deux prochaines échéances ne joueront pas de rôle déterminant dans l'élection à New York. Ceci se basant sur un constat simple : il n'y a objectivement, dans cette campagne, aucun rapport de cause à effet entre des victoires marquées ou surprenantes par un candidat, et ses scores aux élections suivantes. Au contraire, toute cette campagne semble prouver le contraire, avec des avancées et des déconvenues brutales. C'est une campagne qui se joue Etat par Etat, et chaque Etat a sa propre manière de voter.
    Je sais que les médias adorent marteler le concept de "momentum", mais c'est oublier que le concept de "momentum" ne vaut que pour les primaires où il y a plusieurs candidats – comme cela est le cas du côté républicain, et comme cela est traditionnellement le cas en situation de primaires. Or les primaires démocrates de 2016, comme celles de 2008, présentent la particularité, en fait assez neuve dans l'histoire politique américaine, de se présenter sous la forme d'un duel entre deux candidats, donc une notion comme celle de "momentum" avec un avantage marqué pour un candidat ne vaut pas du tout, puisque chaque Etat tend à voter pour le candidat qui lui convient en fonction de ses intérêts et de sa démographie. Comme on a vu en 2008, au reste.

    La seule chose qui compte est de savoir si Bernie Sanders décroche des victoires, et surtout, dans quelle marge il effectue ces victoires, sachant qu'il n'a plus droit à l'erreur.
    Il va sans doute décrocher une victoire au Wisconsis, sachant que c'est un état ouvrier sociologiquement proche du Michigan (c'était le cas de l'Illinois aussi, mais il a perdu l'Illinois de très peu dans une primaire groupée, alors que le Wisconsis se joue seul et lui laisse le temps de faire campagne). C'est en outre une primaire ouverte, ce qui permet aux indépendants de voter, donc très bon signe.
    L'agrégateur de sondages du Huffington Post montre que Bernie talonne de très prêt Clinton, hors en règle générale (je dis bien en règne générale), quand Sanders talonne Clinton dans les sondages avant une élection, cela augure le plus souvent une victoire plus ou moins marquée.


    Donc beau temps pour Sanders de ce côté-là, sachant qu'il y a 86 délégués en jeu, donc il pourrait faire une petite marge.
    Le Wyoming est un Etat rural et c'est un caucus, donc c'est gagné d'avance. Mais le Wyoming ne vaut que 16 délégués, donc c'est de fort peu d'importance.

    Le gros cas est New York, sachant que Clinton est la sénatrice de New York, donc que cet Etat devrait techniquement lui être gagné – or, New York est un Etat très libéral, très réceptif au message de Sanders, et surtout, Sanders lui-même est originaire de Brooklyn, New Yorkais pure souche, ce que n'est pas Clinton.
    Clinton a très peur de perdre l'Etat de New York ,et ça se voit par sa position sur la défensive : elle a par exemple refusé de tenir un débat avec Sanders avant l'élection de New York ! Il faut dire que le souvenir du débat au Michigan doit lui être un funeste souvenir, et il est souvent très mauvais augure de perdre dans son propre Etat, donc elle fait tout pour éviter ce qui pourrait aider Sanders à gagner.
    New York est une primaire fermée, donc pas d'aide des indépendants. C'est pour le moment un gros point d'interrogation. Probable que Clinton gagne quand même, mais ce sera une primaire fascinante à suivre qui pourrait bien être le moment où tout va se décider, dans un camp comme dans l'autre. D'ailleurs dans les infos New Yorkaises, la campagne est déjà commencée, de fait, et y'a pas mal de débats qui se tiennent.
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    Haganeren

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Haganeren le Mer 30 Mar - 11:17

    Marcelin a écrit:Clinton a très peur de perdre l'Etat de New York ,et ça se voit par sa position sur la défensive : elle a par exemple refusé de tenir un débat avec Sanders avant l'élection de New York ! Il faut dire que le souvenir du débat au Michigan doit lui être un funeste souvenir, et il est souvent très mauvais augure de perdre dans son propre Etat, donc elle fait tout pour éviter ce qui pourrait aider Sanders à gagner.

    Mais euh, c'est pas de toute façon de mauvaise augure de refuser un débat ? Ca doit faire un peu minable non ?
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    Dreamboum

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Dreamboum le Ven 1 Avr - 0:59

    Elle passe pour une grosse minable. Le problème c'est que Clinton a l'avantage de ne pas le faire. Moins elle parle, moins il y a de chances de faire de gaffe. La campagne de Sanders lui fait pression mais le vent est toujours beaucoup trop favorable pour Clinton pour lui forcer la main. Elle est encore dans un stade où elle peut gagner en ne faisant absolument rien.
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    Dreamboum

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Dreamboum le Lun 4 Avr - 17:56

    Une idée du nombre de délégués supplémentaire de Sanders après sa victoire surprise du Nevada ?
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    Weldar

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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Weldar le Lun 4 Avr - 18:54



    Désolé.
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Haganeren le Lun 4 Avr - 20:52

    Copyright EA ceci dit
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Weldar le Lun 4 Avr - 21:37

    Aaaah, misère!
    Ils sont rapides.
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Marcelin le Mar 5 Avr - 17:47

    Clinton ne passe pour une idiote devant personne dans l'optique où personne n'a d'a priori négatif sur elle. C'est à Sanders de se faire connaître. Mais de toute façon ils sont enfin tombés d'accord sur une date, et le jour du débat aura finalement lieu le 14 avril. L'Etat de New York va jouer un rôle définitivement intéressant dans ces primaires...

    Dreamboum a écrit:Une idée du nombre de délégués supplémentaire de Sanders après sa victoire surprise du Nevada ?

    Pas vraiment, dans l'optique où Sanders n'a pas "vraiment" gagné dans le Nevada. C'est un peu compliqué. En quelques mots :
    Le Nevada est un Caucus, et non une primaire. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un, mais des jours d'élection, avec un processus qui demande une présence active sur le long terme, et plusieurs délégations à différentes échelles avant d'avoir les délégués nationaux finaux. En fait, les chiffres qu'on obtient à l'Election Day après un caucus ne sont que des ordres de grandeur. Les chiffres finaux d'un caucus ne peuvent être connu qu'à la veille de la Convention vers juin (ou mai dans le cas du Nevada), où ont lieu les votes finaux.
    Ce qui est arrivé n'est pas une "victoire" de Sanders, mais, dans le cadre où le Nevada a voté par cantons en février, il y a eu un second vote cette fois au niveau du pays, et Sanders a cette fois émergé positivement. Cependant, avant les autres votes et notamment la délégation finale en mai, impossible de savoir si le Nevada a vraiment "tourné" ou non. On va dire pour le moment qu'il est hautement probable qu'une fois aggloméré, le vote de Sanders au niveau du pays total soit plus élevé que prévu à la base.
    Pour ceux qui ont envie d’approfondir cet objet de tourments électoraux que sont les Caucus, le meilleur article que j'ai trouvé (par un habitant de l'Etat de Washington) :
    http://www.dailykos.com/story/2016/04/04/1509965/-There-was-no-Overturning-the-voters-in-Nevadf-It-s-a-Caucus-State-Learn-more-here
    C'est aussi pour ça qu'on a aucun chiffre exact sur Washington d'ailleurs. Tu verras aussi bien 23 délégués que 76 selon les sources, ce qui fait un différentiel... assez énorme. En fait on ne saura juste pas avant des mois. On a juste des ordres de grandeur.

    Sinon le Wisconsis vote ce soir (et c'est une primaire, tout ce qu'il y a de plus simple). Les sondages sont positifs pour Sanders. Tout est une question de marge. Espérons que Sanders arrivera à faire une grosse marge, vu que pas mal de délégués sont en jeu.
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Weldar le Lun 25 Avr - 15:46

    Je ne suis pas toujours un grand adepte du cynisme/mauvaise foi de l'Odieux Connard, mais cette dernière chronique m'a fait sourire.
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Marcelin le Mar 26 Avr - 14:46

    Désolé Weldar, mais ce serait préférable que tu précises de quoi tu parles exactement pour ceux qui ne suivent pas forcément le sujet auquel tu fais référence...
    De quoi parles-tu exactement ?
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Weldar le Mer 27 Avr - 11:17

    Mouvement/rassemblement "Nuit debout" qui squatte la place de la République tous les soirs pour contester la loi du travail d'El Komhri et accessoirement de changer le monde pendant qu'on y est.
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Haganeren le Jeu 28 Avr - 9:40

    C'est plus "d'abord changer le monde" en prenant la loi travail comme point de départ sur le fait que le système actuel ne marche pas de ce que j'ai pigé.

    Donc ouais, ça semble pas aller bien loin parce que c'est dirigé par personne, tout le monde est un peu dans son coin, chacun manifeste pas forcément pour les mêmes raisons d'où le gag exprimé sur la BD. De l'autre coté avant la révolution y'avait toute la période des Lumières qui discutait d'un autre monde, je dirais que si on est quelque part pour changer notre système, on se trouve surtout dans ce type de période... Au tout début mais même, celle où on se rend compte que quelque chose ne va pas. Et pour ce qui est de la révolution, on peut rigoler de l'autre coté, La Bastille était une réaction de haine absolue qui s'est au final changé en révolution bourgeoise... Pas sûr qu'on ait envie de subir La Terreur à nouveau mais c'est sans doute interpréter trop loin ce petit gag.
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Marcelin le Lun 25 Juil - 11:56



    Justice est faite sur ces primaires bidonnées. Merci Wikileaks. Un grand et soupirant au revoir, Mme. Wasserman Schutz.
    On ne vous regrettera pas.




    http://www.politico.com/story/2016/07/democratic-convention-monday-226099



    Il était temps: celle que les espoirs déploraient, au-devant d'une moue de justice, paie son dû.
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    Re: Le train où vont les choses...

    Message  Haganeren le Lun 1 Aoû - 15:28

    Boarf, je te l'avais déjà dit mais bon..... J'ai plus l'impression de voir une personne servir de bouc émissaire à un problème plus profond qu'un véritable arrangement des choses.
    Pas de quoi en être émoustillé de mon coté en tout cas.

    Surtout que c'est pas comme si Sanders allait soudainement aller à la tête du parti, donc on aura une HIlary Clinton affaiblie vs Trump.
    Youhou.... ~

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    Re: Le train où vont les choses...

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